dimanche 28 février 2010

La coupe du monde de football des sans abris ou la réinsertion par le sport (article de l'Express : 27/02/10)

PARIS - Sans domicile fixe, demandeurs d'asile, étrangers en situation irrégulière... Plus de 200 personnes ont participé samedi à Paris à un tournoi de sélection pour représenter la France à la Coupe du monde de football des sans-abri 2010 à Rio, un "prétexte" pour favoriser la réinsertion sociale.

"Le football est un moyen mais aussi un prétexte pour faire du social", explique Christophe Aubin, travailleur social et vice-président de "Remise en jeu", collectif d'associations de réinsertion qui organise ce tournoi entre équipes de "football solidaire".

"Le but est de leur permettre, malgré leur situation de vie difficile, de pratiquer une activité sportive pour aller mieux, pour remettre le corps en mouvement. Et quand le corps va bien, la tête va mieux aussi", ajoute-t-il.

Une vingtaine d'équipes de structures sociales telles que le Secours Catholique ou Emmaüs, venues pour la première fois de toute la France, participaient samedi matin à ce tournoi.

Au delà d'une simple activité sportive, le football permet aussi de réapprendre certaines valeurs de la vie en société. "Ces gens vivent de manière très individuelle. La vie à la rue est très dure et ils sont obligés de se battre, donc l'équipe leur apprend la dimension collective", note M. Aubin.

"Je joue au foot pour ne pas être seul, c'est une famille. Parce que la solitude, c'est dur", confirme David Tahar, 43 ans, qui vit en centres d'hébergement en Alsace après être "tombé dans l'alcool" il y a cinq ans.

"Et ce tournoi, c'est très important, ça permet de se libérer, de rencontrer d'autres gens dans la même situation, de créer des liens. Et de voir Paris", ajoute-t-il en agitant au bord du terrain une cigogne en peluche pour soutenir ses coéquipiers.

Le tournoi permettra de sélectionner les 8 joueurs qui partiront au Brésil pour la 9e Coupe du monde des sans-abris (18-26 septembre), un tournoi de football de rue à 4 contre 4.

"J'espère bien pouvoir y aller à la coupe du monde!", s'enflamme Cheick, qui se qualifie lui-même de "sans domicile fixe". "Je jouais au foot chez moi au bled, ça a changé ma façon de vivre de pouvoir rejouer", ajoute ce Guinéen de 34 ans.

Mais le jeune homme, qui avait demandé l'asile politique en arrivant en France il y a quatre ans, est en situation irrégulière et ne pourra donc pas être retenu dans la sélection.

Malgré tout, le simple fait de s'entraîner toutes les semaines avec une équipe, de faire des matches, de participer à ce tournoi "leur permet d'exister, c'est valorisant", explique Sethuranman Kaneson, éducateur sportif à l'association Caritas à Mulhouse.

Les quelques uns qui iront à Rio peuvent même espérer un peu plus. "Pendant la Coupe du monde, ça arrive que les enfants leur demandent des autographes. Ca leur donne un sentiment d'appartenance qui est très important, même s'ils ne sont pas Français", raconte M. Aubin.

"C'est un honneur de représenter la France", confirme Adotevi Abossey, réfugié politique togolais de 27 ans, qui faisait partie de l'équipe de France en Australie en 2008.

"C'est la fierté et le rêve le plus fou au monde pour moi", ajoute le jeune homme, qui vient de terminer une formation de peintre-décorateur mais n'a toujours ni travail, ni logement.

S'il ne participe pas au tournoi, "pour laisser la place aux autres", il s'engage malgré tout cette année comme bénévole.

Et peut-être sera-t-il un des 700 bénévoles nécessaires pour la 10e Coupe du monde des sans-abris qui sera organisée en 2011 à Paris, sur le Champ de mars.

"Remise en jeu" prépare d'ores et déjà cet événement où 70 pays sont attendus. Mais le collectif veut aller au-delà, en mettant en place notamment prochainement un championnat entre équipes de "football solidaire" dans sept régions de France.

UPDF sur le podium!

Chers amis,

C'est avec une certaine fierté que je vous annonce que le collectif formé par les équipes solidaires nantaises, dont "Un peu de foot pour un meilleur futur" fait parti a terminé troisième du tournoi organisé ce week end à Paris en vue de sélectionner les joueurs pour la Coupe du Monde des sans abris à Rio de Janeiro du 18 au 26 septembre prochain.
D'ici quinze jours nous saurons si certains de ces joueurs seront sélectionnés pour participer à cette Coupe du Monde.
Quoiqu'il en soit notre participation et le bon résultat (troisième sur vingt équipes) prouve que les valeurs de solidarité et de progrès sont essentielles.
Merci à toutes celles et à tous ceux qui depuis un an et demi ont apporté leur modeste pierre à cet édifice : les sans abris ne sont pas des sans espoirs! donnons une chance à l'espérance!

PS : ci-joint l'article de l'Express : http://www.lexpress.fr/actualites/1/la-coupe-du-monde-de-football-des-sans-abris-ou-la-reinsertion-par-le-sport_851796.html

mardi 12 janvier 2010

2010 : ne relâchons pas le flambeau de la solidarité!

Chers amis,
Toute l'équipe d' "Un peu de foot pour un meilleur futur" vous souhaite ses meilleurs voeux pour l'année 2010 : joies, bonheurs et réussites pour tous.
Et surtout que les valeurs de solidarité, d'espérance et de tolérance soient constamment dans nos esprits!
Bien amicalement.
L'équipe "UPDF"

lundi 2 novembre 2009

À Saupin, les sans-abri mouillent le maillot (article de 20 Minutes)

« En short et crampons, point de différence entre un étudiant de l'Icam et un SDF. » D'une formule, Fabien Haettel, animateur du Secours catholique, décrit le spectacle. Sous ses yeux et des trombes d'eau dignes d'un 1er novembre, vingt joueurs se renvoient la balle. Des jeunes, des moins jeunes, des sans-abri, des gens à l'abri, bénévoles, étudiants ou fonctionnaires... Tous mouillés. Bienvenue au premier tournoi de football de la solidarité jamais organisé à Nantes par le collectif Remise en jeu, né à Paris il y a trois ans.

« Jouer au foot permet juste d'éprouver un peu de plaisir », résume Mickaël Iwu, un sans-abri à l'échauffement. Pas négligeable. Mais le sport, c'est aussi la santé, l'hygiène, la discipline, la gestion de l'échec, le collectif... « Les gens pauvres ont souvent moins besoin de boulot que de dignité et de respect », continue Fabien Haettel. Coup d'oeil sur le jeu. Sur le terrain de la Noë-Lambert s'affrontent l'équipe de France des sans-abri et treize autres formations locales. Pour la gagne, « parce que c'est aussi important d'inverser une dynamique de l'échec dévastatrice ». Et parce que se profile une finale à Marcel-Saupin, dans l'après-midi...

En attendant, préposé aux sandwichs, Harry Heymann est convaincu : « Après le Mondial 2006 des sans-abri, 50 % des joueurs ont retrouvé un logement ou un travail dans les six mois ! » En février dernier, avec deux amis nantais, il a fondé l'association Un peu de foot pour un meilleur futur. Tous les quinze jours, il tape la balle au Petit-Port avec une dizaine d'irréductibles, rencontrés notamment au restaurant social Pierre-Landais : « L'un d'eux se montrait toujours très agressif. Il a appris à se calmer au contact des autres : c'est aussi le but. »

« Ces initiatives ne doivent pas rester isolées, observe Jérôme Le Dû, membre du collectif Remise en jeu. A nous de les fédérer pour les rendre efficaces. » Un championnat inter-associatif du Grand-Ouest de lutte contre l'exclusion verra déjà le jour en septembre 2010. L'idéal ? Organiser un championnat national d'aussi bonne facture que la compétition francilienne, où évoluent tous les joueurs tricolores. Lesquels, au passage, ont terrassé (7-1) une équipe étudiante, hier, en finale à Saupin. W

Antoine Gazeau

jeudi 29 octobre 2009

Fin du projet...dans six mois

Très chers amis,

C'est avec une certaine émotion que je m'adresse à vous aujourd'hui car il n'est jamais simple d'annoncer un décès, même s'il n'est qu'associatif.
En effet conformément à nos statuts l'association « Un peu de foot pour un meilleur futur » est amenée d'ici quelques semaines à mettre un terme à ses activités. Nos statuts prévoient en effet que notre but est d'organiser un tournoi de football auprès d'un public de personnes en grande précarité sur la ville de Nantes et de faire la promotion des valeurs de solidarité, de progrès et de goût du collectif. Notre projet n'a donc pas vocation à être éternel, et s'achèvera dès que son but sera atteint.

Dès lors notre association se donne un délai de six mois afin de réaliser son objectif d'organiser ce tournoi de football, celui-ci se fera en coopération avec d'autres associations car nous souhaitons faire de cette journée un vrai moment festif, avec des activités théâtrales, musicales et poétiques. Nous pensons effectuer cette journée en mai 2010.

« Fugit irreparabile tempus » affirmait Virgile, à savoir le temps s'enfuit de manière inéluctable. Le temps...ce temps qui passe sans que nous nous en rendions compte. C'est pour ce motif que nous avons fait le choix d'agir dans le présent : trop de gens pensent que tout est éternel, mais le temps comme le présent sont éphémères. Agissons donc dans le présent.

Cependant si notre projet est éphémère et amené à disparaître, les graines que semons ne le sont pas en vain : en 2011 la France sera amenée à organiser la Coupe du monde ses sans abris, dès lors de nombreux nouveaux acteurs sont amenés à reprendre le témoin, nous mêmes agirons d'une manière ou d'une autre pour la défense de notre idéal, à savoir démontrer que les sans abris ne sont pas des sans espoir.

Si notre association a six mois, cela fait près d'un an que nous sommes sur la route. Pendant un an nous avons connu des espoirs, des déceptions, des découragements, du plaisir. A titre personnel je tiens à louer le travail de mes deux collègues co-responsables du projet, Erika et Frédéric, qui par leur enthousiasme, leur énergie et leur intelligence ont permis l'avancée de notre projet. Il est rare qu'une tâche si ardue que la nôtre soit effectuée avec tant de plaisir et d'enthousiasme, ce fut le cas pour nous, et c'est en grande partie grâce à eux.

La fin approche pour nous. Désormais nos actes ne seront que des bourgeons, des bourgeons d'espérance. Mais ces bourgeons écloront et fleuriront demain en cerises, en coquelicots, en tournesols, alors revêtons nos bleus de travail, prenons nos outils et au travail!

HH

mercredi 28 octobre 2009

Remerciements

Un petit message de remerciement pour toutes les personnes qui nous ont aidés à la bonne réalisation de nos deux matchs de foot des 16 et 17 octobre derniers.
Première pensée pour nos joueuses et pour nos joueurs qui ont acceptés de chausser leurs baskets pour taper dans le ballon avec nous : Claire, Carole, Nicolas, la bande à Totor, Mohamed, Mohamed Camara, Thierry, Jacky, les jeunes de Nantes Nord et les passants de l'Ile de Nantes!
Pensée aussi à ceux qui ont pu nous aider matériellement et humainement : Boualem, Patrick et l'équipe d'organisation d'Ile était une fois, André de Pierre Landais, Carmen et Maryse d'ADOMA, Rachel, Nathalie et Fabien au Secours Catholique.
On a dû évidemment oublier des gens!
A tous ces gens l'équipe d'UPDF souhaite faire part de leur gratitude pour nous avoir aidé dans la réalisation de nos deux matchs : rien n'aurait été possible sans vous! donc un grand merci à vous : la solidarité n'est pas une vertu mais bien un combat et vous avez apporté votre pierre à l'édifice.

Tournoi de la solidarité nantaise

L'équipe d'UPDF participera au premier tournoi de la solidarité nantaise le dimanche 1er novembre à Nantes.
Au programme :
- dès 9h : matchs de poule sur la plaine de jeux de la Noë Lambert
- 13h30-14h30 : pause déjeuner
- 15h-19h : phase finale au stade Marcel Saupin